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Rétrospective

On en a fait du chemin

Publié dans Châtelaine de novembre 2010 | © Les Éditions Rogers ltée

Cinquante ans. C’est le temps qu’il a fallu aux femmes d’ici pour prendre possession de leur vie. Cette révolution a été si tranquille qu’on l’oublie déjà. Celles qui ne l’ont pas vécue ne savent plus d’où leurs aînées sont parties et le chemin qu’elles ont dû défricher. Il est important de retracer cette histoire.

© Stephen Swintek / Getty

Il n’empêche, c’est l’accès à l’éducation qui a libéré les femmes en leur ouvrant les portes du monde du travail. Comme l’écrivait Balzac, laisser une femme libre de lire les livres que la nature de son esprit la porte à choisir, c’est lui apprendre à se passer de vous! En théorie, les filles avaient droit aux études supérieures, même si, dans les années 1960, l’éducation gratuite mixte n’existait pas, ce que dénonçait Châtelaine sous la plume de la grande journaliste Judith Jasmin. Leurs pères ne s’opposaient pas à ce qu’elles aillent à l’université… à condition que cela n’interfère pas avec leurs éventuels rôles d’épouse et de mère. Considérée comme un luxe, l’éducation des filles passait au second plan, derrière celle des garçons. Elles n’avaient qu’à se placer comme « sténo-dactylo bilingue » en attendant le grand jour. Combien de jeunes épouses ont aussi remballé leur rêve de fréquenter l’université afin de permettre à leur mari de décrocher son propre diplôme?

À cette époque, trois travailleuses sur cinq étaient institutrices ou infirmières. Les autres se cantonnaient dans les services. « Secrétaire, infirmière, hôtesse de l’air… », chantait Diane Dufresne. Les femmes ne comptaient alors que pour 12 % des administrateurs, 10 % des médecins (elles sont aujourd’hui 38 %) et 1,6 % des ingénieurs. Déterminées à s’instruire, les étudiantes ont investi les universités en nombre, si bien qu’à présent, elles sont majoritaires dans la plupart des facultés. On les retrouve souvent là où il faut que ça change. Elles sont immunologues, neuropsychologues, spécialistes en aménagement urbain. Les unes veulent enrayer les accidents écologiques, les autres percer le secret de la maladie d’Alzheimer. Même les chasses gardées masculines comme l’économie et le génie ne les rebutent plus.

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2 commentaires à « 

On en a fait du chemin

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  1. 2

    lune 55 a dit :

    Je me souviens tres bien du temps ou le mari était ROI et maitre comme femme qui avait toujours gagner ma vie toute une surprise de se faire traiter comme une personne pas capable de rien faire en plus servir a toute les sauces au besoin de mons les repas a son gout que c était une frustations oui le monde a changer pas mieux les femmes en 2010 sont encore tres tres soumise dommage ca vas pas vite de se faire respecter ca prend bien temps avant que les femmes se revolte ca passe par la finace encore

  2. 1

    Helene Courchesne a dit :

    Quel merveilleux article que celui de Mme Lachance. On y retrouve l’historienne qui relate l’historique du combat des femmes au Québec, couplé au talent de la romancière qui nous raconte une histoire fabuleuse. Tout le numéro est en fait un véritable bijoux et pièce d’anthologie ! Merci à vous Mme Lachance et à tout l’équipe de Châtelaine !

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