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Rétrospective

On en a fait du chemin

Publié dans Châtelaine de novembre 2010 | © Les Éditions Rogers ltée

Cinquante ans. C’est le temps qu’il a fallu aux femmes d’ici pour prendre possession de leur vie. Cette révolution a été si tranquille qu’on l’oublie déjà. Celles qui ne l’ont pas vécue ne savent plus d’où leurs aînées sont parties et le chemin qu’elles ont dû défricher. Il est important de retracer cette histoire.

En ces temps de sexisme manifeste, les tribunaux ne montraient guère de compassion à l’égard des victimes de violence sexuelle. À la fin des années 1970, les groupes féministes sonnèrent l’alarme : une femme sur trois admises aux urgences des hôpitaux avait reçu des coups ou avait été violée. Ces victimes représentaient 60 % des personnes assassinées. La loi était ainsi faite que, sans blessure ou marque visible, la police ne les protégeait pas. Devant les tribunaux, la plaignante était souvent présumée avoir couru après son malheur. N’était-elle pas habillée trop sexy? Lui connaissait-on des relations extraconjugales? Avait-elle pris un p’tit verre de trop? Le procès de l’agresseur devenait le sien et, à l’occasion, la virilité servait d’excuse à l’accusé. Un honorable juge a déjà soutenu qu’une femme qui ne consentait pas n’avait qu’à se croiser les jambes. Un autre s’était permis une boutade déplacée : « Les règles, comme les femmes, sont faites pour être violées… » Il était grand temps que des avocates accèdent à la magistrature. À l’orée des années 1990, elles ne représentaient encore qu’un maigre 9 % de l’ensemble des juges. Trop souvent, elles étaient confinées au Tribunal de la famille ou de la Jeunesse. Aujourd’hui, 60 ans après la loi de 1941 qui permettait l’admission des femmes au Barreau, plus de 7 000 Québécoises en sont membres, soit presque 40 % de la profession. La magistrature demeure cependant un fief masculin, puisque seulement 16 % des juges au Québec s’appellent madame la juge.

© iStockphoto

Des lois pour nous
1968 La cruauté physique et mentale devient motif de divorce. 1975 Ouverture des refuges pour femmes violentées au Québec. 1976 Charte des droits et libertés de la personne du Québec. 1982 Charte canadienne des droits et libertés. 1983 Un conjoint peut être inculpé d’agression sexuelle contre sa conjointe. 1986 « Battre sa femme est criminel ». Politique québécoise d’intervention en matière de violence conjugale. 2004 Loi sur les normes du travail relatives au harcèlement psychologique (et sexuel).

 

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2 commentaires à « 

On en a fait du chemin

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  1. 2

    lune 55 a dit :

    Je me souviens tres bien du temps ou le mari était ROI et maitre comme femme qui avait toujours gagner ma vie toute une surprise de se faire traiter comme une personne pas capable de rien faire en plus servir a toute les sauces au besoin de mons les repas a son gout que c était une frustations oui le monde a changer pas mieux les femmes en 2010 sont encore tres tres soumise dommage ca vas pas vite de se faire respecter ca prend bien temps avant que les femmes se revolte ca passe par la finace encore

  2. 1

    Helene Courchesne a dit :

    Quel merveilleux article que celui de Mme Lachance. On y retrouve l’historienne qui relate l’historique du combat des femmes au Québec, couplé au talent de la romancière qui nous raconte une histoire fabuleuse. Tout le numéro est en fait un véritable bijoux et pièce d’anthologie ! Merci à vous Mme Lachance et à tout l’équipe de Châtelaine !

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