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Rétrospective

On en a fait du chemin

Publié dans Châtelaine de novembre 2010 | © Les Éditions Rogers ltée

Cinquante ans. C’est le temps qu’il a fallu aux femmes d’ici pour prendre possession de leur vie. Cette révolution a été si tranquille qu’on l’oublie déjà. Celles qui ne l’ont pas vécue ne savent plus d’où leurs aînées sont parties et le chemin qu’elles ont dû défricher. Il est important de retracer cette histoire.

La libération sexuelle des années 1970 consacra l’ère du « tout est permis ». Exit les préjugés. On ne taxait plus de « filles faciles » celles qui se targuaient d’être libérées. On multipliait les amants, on se payait des one night stands comme les hommes. Les lesbiennes sortaient du placard. « C’est le début d’un temps nouveau », chantait Renée Claude, tandis que Valérie, l’héroïne du film-culte du même nom, exhibait ses seins nus à l’écran.

En 1973, Châtelaine, avec Francine Montpetit à sa tête, prit résolument le train féministe qui roulait déjà à vive allure. Le magazine publia des articles sur la sexualité et la santé en plus de célébrer le pouvoir et l’ambition, des sentiments tabous lorsque conjugués au féminin. Les lectrices jubilaient et le tirage du magazine se propulsa pour atteindre les 320 000 exemplaires. « Nous étions des lionnes, dit-elle. Les griffes acérées, l’œil fixé sur nos proies et le cœur souvent en bandoulière, malgré notre apparente superbe. » Animée par la passion du changement, mais consciente de la fragilité des acquis, son équipe dénonçait tantôt la dépendance sous toutes ses formes, tantôt le lobby médical farouchement opposé aux sages-femmes – il faudra patienter jusqu’en 1999 pour que leur pratique soit reconnue. En attendant, le président de la Corporation professionnelle des médecins du Québec, le docteur Augustin Roy, qualifiera les mères qui ont recours aux sages-femmes « d’amateurs de sensations fortes ».

Le sexe libre a évacué la culpabilité, mais il a engendré ses propres excès. L’ego est sorti pas mal amoché de cette vie libertaire tous azimuts. Car les secrets d’alcôve ont sauté avec le reste. Pendant que les baby-boomers des deux sexes étalaient sans pudeur à la télévision leurs problèmes de frigidité ou d’éjaculation précoce, les sexologues – un nouveau métier – n’en finissaient plus d’écouter leurs clientes se plaindre de ne pas ressentir de désir, trop fatiguées, trop stressées, trop inhibées…

Pire encore, la peur s’est installée. Cette peur dont on pensait s’être débarrassées depuis que la science avait triomphé de la syphilis. Or, voilà que l’herpès, la chlamydia et surtout le terrifiant sida frappaient comme une malédiction, freinant le libertinage sans limites.

© Yvonne Hemsey / Getty

La bombe Hite
Une (belle) sexologue américaine interroge près de 3 000 femmes sur leurs pratiques sexuelles et fait voler en éclats tout ce qu’on croyait savoir sur la sexualité féminine. Parmi ses constats : 8 femmes sur 10 n’ont jamais ressenti d’orgasme vaginal (considéré comme normal et sain), mais ont des orgasmes clitoridiens (jusqu’alors considérés comme infantiles et « immatures »). Et ces orgasmes, elles les atteignent plus facilement toutes seules… Le rapport Hite – publié en 1976 en anglais, puis en 1997 en français –, s’est vendu à 35 millions d’exemplaires dans le monde.

 

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2 commentaires à « 

On en a fait du chemin

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  1. 2

    lune 55 a dit :

    Je me souviens tres bien du temps ou le mari était ROI et maitre comme femme qui avait toujours gagner ma vie toute une surprise de se faire traiter comme une personne pas capable de rien faire en plus servir a toute les sauces au besoin de mons les repas a son gout que c était une frustations oui le monde a changer pas mieux les femmes en 2010 sont encore tres tres soumise dommage ca vas pas vite de se faire respecter ca prend bien temps avant que les femmes se revolte ca passe par la finace encore

  2. 1

    Helene Courchesne a dit :

    Quel merveilleux article que celui de Mme Lachance. On y retrouve l’historienne qui relate l’historique du combat des femmes au Québec, couplé au talent de la romancière qui nous raconte une histoire fabuleuse. Tout le numéro est en fait un véritable bijoux et pièce d’anthologie ! Merci à vous Mme Lachance et à tout l’équipe de Châtelaine !

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